Le miracle d’un sourire

C’est une histoire vraie dont l’épilogue s’est produit le jeudi 29 mars 2012 autour de 16 heures à Jonquières dans le Vaucluse.

le-sourire

J’accompagne Maryse le lundi et le jeudi chez le kiné pour des massages de ses épaules.

Dans la salle d’attente où je suis généralement seul, passe devant moi un jeune homme, en fauteuil roulant, poussé par une jeune femme (une aide-soignante) qui l’aide à faire ses exercices, c’est un tétraplégique de naissance sûrement, il grogne pour s’exprimer.

Tout son corps est marqué par la souffrance extrême de son âme prisonnière depuis trop longtemps de ce corps d’infirme, son visage est angulaire avec des yeux ternes et atones, enfoncés dans leurs orbites et qui reflètent une souffrance morale extrême !

Lors de notre première rencontre ;

Il me dévisage intensément et ses yeux se fixent dans les miens comme s’ils essayaient d’entrer en communication avec mon âme, je lui dis bonjour en lui souriant tout en soutenant son regard, la jeune femme continue de pousser le fauteuil vers la sortie, ce qui oblige le jeune homme, dans un premier temps à tourner la tête puis dans un second temps à se contorsionner sur son fauteuil pour pouvoir garder un contact visuel avec moi, ce qui lui vaut une remontrance peu amène de la jeune femme, à qui il manifeste sa désapprobation en poussant de vifs grognements, ce qui déclenche une baffe suivie de remontrances acerbes !!!

Au fond de moi je me dis qu’il ne fait pas bon d’être entièrement dépendant des autres, surtout lorsqu’ils font leur job de manière mécanique et sans aucune marque d’empathie !

Lors de notre seconde rencontre ;

Dès que son regard se pose sur moi, son visage se transforme, ses yeux et sa bouche sourient, je lui dis bonjour tout en souriant et en soutenant son regard amical. Il m’a reconnu, arrivé à mon niveau il pousse un petit grognement, sa manière à lui sûrement de me renvoyer mon bonjour ou peut-être de me dire merci ?

La jeune femme l’installe dans la voiture sans problème il est visiblement heureux de ce petit moment de communication avec l’un de ses semblables.

La dernière rencontre fut une apothéose ;

Dès qu’il m’aperçoit son visage et son corps se transfigurent, exprimant une joie intense, et lorsque son fauteuil, arrive à mon niveau, il ne grogne pas pour répondre à mon bonjour, mais il me tend sa main, que je prends délicatement dans la mienne et son pouce vient appuyer fermement, mais doucement, ma main qu’il ne lâche plus.

De tout son être rayonne une joie indicible
et son visage s’illumine !

Ce jour-là nous étions quatre dans la pièce (lui, son aide-soignante, une dame qui leur maintenait la porte ouverte et moi), nos visages se sont instantanément illuminés tant sa joie était communicatrice, son aide-soignante lui a demandé gentiment de lâcher ma main ce qu’il a fait immédiatement (no comment) !

La réaction spontanée, de ce jeune homme paralysé, m’a bouleversée sur le moment, de manière intense et continue de le faire chaque fois que j’y pense.

On pourrait tirer une conclusion générale, de cette rencontre avec un être humain, différent, en apparence, dépendant…

C’est qu’il ne faut pas grand-chose, en fait, pour apporter un peu de joie un peu de bonheur à ceux qui souffrent… un sourire, un mot gentil, un geste affectueux… cela n’a l’air de rien, mais ce jour-là, ils ont provoqué un petit miracle…

Et si cela faisait partie aussi de notre tâche ici-bas ?

Raymond MAGDELAINE

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